Point macroéconomique

LE LUXE EN LAMBEAUX !

Par 20 août 2021août 23rd, 2021No Comments

Les derniers chiffres macroéconomiques sont décevants aux États-Unis et en Chine. OutreAtlantique, l’indicateur de surprises économiques de Citibank s’enfonce dans le rouge et ressort actuellement à -37 contre +56 à la mi-juin. Cette donnée est la résultante d’une série de déceptions récentes, à savoir des ventes de détail en baisse de 1,1% en juillet, et un plongeon de 11 points de l’indice du sentiment des consommateurs de l’université de Michigan en août, désormais à son plus bas depuis 2011 à 70,2. Le coupable est tout trouvé : le variant delta, qui continue de se répandre en Amérique et ailleurs dans le monde. Ce maudit coronavirus va freiner le retour au bureau de millions de citadins américains, initialement prévu après le 6 septembre, jour férié du « Labour Day ».

Le son de cloche est identique en Asie et dans le Pacifique, où les politiques de tolérance zéro pour contrer l’épidémie continuent. Ainsi, Sydney prolonge de quatre semaines les mesures de confinement instaurées depuis le 26 juin dernier. En Chine, un des principaux ports (celui de Ningbo-Zhoushan) a été quasi fermé, à la suite d’un cas de Covid-19 parmi les employés. Par conséquent, il ne faut pas s’étonner que les ventes de détail de juillet soient ressorties en dessous des attentes, en hausse de 8,5% sur un an glissant contre +12,1% en juin. La production industrielle a moins progressé en juillet, avec une hausse de 6,4% sur un an glissant (contre +8,3% le mois précédent). Les bourses chinoises ont reflété cette moindre croissance et ont effacé leurs gains depuis le début de l’année. L’indice de valeurs technologiques cotées aux États-Unis (Nasdaq Golden Dragon index) continuent de sombrer et affiche cette année plus de 36% de baisse et un retrait de 53% depuis son point haut de février dernier.

Face à cet environnement moins propice, les investisseurs ont trouvé une riposte. Ils adoptent une stratégie dite de faible beta. Cela signifie qu’ils baissent le risque de leur portefeuille, en vendant des valeurs cycliques et financières et en achetant des valeurs défensives (santé, services publiques et consommation non cycliques). Ils prennent également leurs profits sur des titres de croissance exposés à l’Asie, dont le parcours a été amplifié par la baisse des taux longs et vulnérable à une réduction d’achats d’actifs sous-entendue dans les minutes de la FED de mercredi dernier. Les valeurs du luxe figurent en tête de cette liste et ont fait l’objet d’un désengagement massif cette semaine. Ainsi, Kering, LVMH et Hermes International, nos fleurons de la cote, ont chuté respectivement de plus de 17%, 13% et 9% au cours de ces 4 dernières séances. Même si ce mouvement de défiance ne s’inversera pas sans une amélioration de l’économie, ce secteur n’est pas encore battu à plate couture. En effet, rappelons que ces sociétés disposent de marques prestigieuses et ont affiché au premier semestre des taux de croissance organique fabuleux, avec pour Hermes International une hausse de 77% des revenus sur 2020 et de 33% sur 2019, année d’avant la pandémie. Ce sont donc de véritables pépites, qui retrouvent rapidement leur tendance initiale à croître, donc à briller, quelles que soient les averses passagères.