Point macroéconomique

Ukraine : le canon gronde…

Par 1 mars 2022No Comments

 

 

 

 

 

Vladimir Poutine a franchi le Rubicon ce jeudi 24 février en envahissant militairement l’Ukraine. La guerre a donc démarré avec son lot de tragédies humaines. C’est un désastre humain. Au-delà de cette dramatique situation, pour notre métier, la question est : ‘Le traditionnel adage d’acheter au son du canon va-t-il encore se vérifier ?’ La réponse est oui, à condition de ne pas se trouver dans sa ligne de mire !

Les marchés surréagissent en général à ce genre d’évènement, dès l’annonce de l’offensive, par une vague massive de ventes sans discernement. Or, les conséquences pour les sociétés cotées en bourse sont bien différentes, selon leur secteur, leur activité et leur zone géographique. Ainsi, une fois l’émotion passée, cette première journée de combats s’est traduite par une rotation vers les titres d’armement, de santé, de croissance et vers les matières premières, le dollar et les obligations souveraines. Ce véritable « cocktail anti-Poutine » de l’investisseur durera le temps de cette invasion. Des négociations peuvent toujours arrêter les combats. Qu’en est-il des autres valeurs massacrées en bourse ? On peut envisager de les acheter, une fois que toutes les conséquences de cette crise seront connues. Les analystes et les gérants doivent donc retraiter l’impact de cette guerre sur les comptes des sociétés. Ainsi, la chute du rouble et de la bourse moscovite et l’invasion de l’Ukraine entraînent de facto une dévaluation des actifs de toute la zone. Les boursiers doivent donc anticiper les dépréciations comptables que devront passer les entreprises occidentales. Sur ce point, le secteur bancaire est plus vulnérable, car ces entités ont traditionnellement octroyé des prêts à des acteurs de la région, ou disposent de succursales ou de filiales localement. Nous réviserons notre position sur le secteur et sur nos allocations en fonction de l’évolution du conflit et des expositions réelles communiquées par ces entreprises.  

Quid des obligations ? Les guerres sont souvent synonymes de stagflation (moins de croissance et plus d’inflation). L’importance de la Russie sur le marché mondial de l’énergie, des minerais et des matières premières agricoles devrait maintenir des prix élevés sur ces marchés. Dans ce contexte, une fois ces terribles combats passés, Il nous semble logique de reprendre une stratégie courte en duration, voir négative pour les investisseurs qui le peuvent, dans la perspective d’une nouvelle phase de hausse des taux longs et d’un inévitable durcissement monétaire des banques centrales.