Point macroéconomique

2021, Année de toutes les espérances

Par 8 janvier 2021 janvier 14th, 2021 No Comments

Ce début de décennie restera gravé dans nos mémoires. Le bilan humain de la pandémie liée à la Covid19 est lourd et certainement sous-évalué. On recense à ce jour plus de 88 millions de contaminés et quasiment deux millions de victimes dans le monde. Le millésime 2020 est également synonyme de privations de nos libertés individuelles et de restrictions de déplacement via les multiples confinements que nous avons subis. Sur le plan économique, c’est la pire période depuis la Seconde Guerre Mondiale, avec un PIB français qui devrait être en contraction aux alentours de 10 %. Selon l’INSEE, nous avons connu précédemment seulement trois années de baisse depuis 1950. Ce fut le cas en 1975 (-1 %), après le premier choc pétrolier, en 1993 (-0,6 %) pendant la crise immobilière, et en 2009 (-2,9 %) après la grande crise financière. Les comptes publics se sont également fortement dégradés avec une dette sur PIB qui avoisine désormais 120 %.

Pourtant le bilan boursier, bien que négatif, est plus contrasté. L’indice CAC 40 (hors dividendes) s’est replié de 7,14 % alors que les bénéfices par action ont, eux, chuté de plus de 35 %. Depuis l’existence du CAC le 31/12/1987, c’est la 8ème pire performance depuis plus de 30 ans. On est loin des horribles effondrements de 2008 (-42,68 %), de 2002 (-33,75 %) et de 1990 (-24,79 %). Les mesures considérables de soutien des banques centrales et des gouvernements ont bien aidé à amortir le choc lié à la crise sanitaire. La digitalisation a été un des grands gagnants, comme en témoigne la progression de plus de 47 % de l’indice Nasdaq 100 en dollars. Le luxe français s’est très bien comporté également, à l’image de LVMH dont le titre affiche un gain de plus de 23 %.

La véritable explication de cette dichotomie entre les marchés et la profitabilité des entreprises repose sur la mise au point et l’approbation rapide de vaccins contre le coronavirus en un délai record. Malgré deux nouvelles souches qui affolent les investisseurs et les scientifiques, la vaccination devrait progressivement immuniser une partie de la population et réduire la saturation des hôpitaux, donc à terme les confinements. Le retard à l’allumage sur les campagnes d’injection prolonge les périodes de restrictions qui se sont récemment durcies. Toutefois, l’augmentation par palier des cadences ne remet pas en cause le scénario de forte reprise au cours du second semestre 2021. Dans ce contexte, estimer la croissance des bénéfices pour 2021 est compliqué. Actuellement, celle-ci est évaluée par le consensus est à 49 % pour l’indice Eurostoxx50 et à 40 % pour l’indice Stoxx Europe 600. Au niveau du MSCI monde et du S&P 500, elles sont estimées à 26 % et 22 %.

La finalisation d’un accord pour un Brexit ordonné réduit l’aversion aux risques sur le continent européen. Le risque géopolitique devrait être moindre avec le nouveau président américain. Son récent succès électoral a propulsé à la hausse les prévisions de déficits fiscaux et des besoins de financement du gouvernement fédéral. S’en suit une pentification de la courbe des taux et des anticipations d’inflation qui dépasse le seuil des 2 % à moyen terme. Cela favorise mécaniquement la rotation sectorielle vers des valeurs cycliques et industrielles. Nous commençons ce nouvel exercice dans l’espoir d’un monde meilleur : plus de profits, des banques centrales toujours accommodantes, moins de drames humains et un retour à la normalité dans les activités sociaux-culturelles.