Point macroéconomique

SA MAJESTÉ DU 10 DOWNING STREET BORIS JOHNSON

Par 13 décembre 2019 février 20th, 2020 No Comments

C’est une écrasante victoire que vient de remporter l’actuel Premier ministre du Royaume-Uni aux élections législatives du 12 décembre. Les Conservateurs obtiennent ainsi leur plus forte majorité depuis 1987 avec 364 sièges estimés sur 650. Le parti Travailliste subit sa plus forte défaite depuis 1935, avec seulement 203 représentants. Son leader, Jeremy Corbyn, se met volontairement en retrait de la vie politique. Seul le Parti national écossais (S.N.P.) tire son épingle du jeu avec 48 membres, soit un gain de plus 13 sièges. Au-delà d’un succès électoral, se joue l’épilogue d’un long feuilleton à rebondissements qui dure depuis trois ans et demi : celui du Brexit. Les Anglais devraient donc sortir de l’Union européenne d’ici fin janvier 2020.

Pourquoi un tel enthousiasme des marchés pour le Brexit après la terreur du 24 juin 2016, au lendemain du référendum ?

L’ironie du sort veut que les investisseurs se félicitent du maintien de Boris Johnson à son poste. Ce charismatique « Brexiter » était pourtant, à l’époque, l’un des artisans les plus influents pour que la Grande Bretagne retrouve son entière souveraineté, sans aucune contrainte de Bruxelles. Avec son action, plus de dix-sept millions de citoyens avaient voté « Leave » contre plus de seize millions pour « Remain ». Souvenez-vous de la baisse induite de 8,62% de l’indice Eurostoxx 50, soit un des plus forts retraits quotidiens de son histoire. Les choses ont depuis changé. La sortie va se faire avec un accord négocié par l’actuel chef du gouvernement. Après la période d’incertitudes, s’ouvre une ère où les règles du jeu vont être connues pour les entreprises des deux côtés de la Manche. L’investissement devrait donc repartir malgré les nombreuses contraintes de nouvelles frontières.

Auparavant, la semaine a été riche en évènements, notamment en provenance des banques centrales. Si le maintien des taux directeurs de la FED est passé inaperçu, la conférence de presse de la BCE a plutôt agréablement surpris. Bien qu’aucune décision n’ait vraiment été prise, sa présidente, Christine Lagarde, a plutôt convaincu. Elle a prévenu les journalistes présents qu’elle aurait son propre style. Elle a précisé également qu’elle ne serait ni une colombe, ni un faucon, en référence à des qualificatifs de politique monétaire. Elle a rajouté qu’elle préfèrerait être une chouette, car ce sont des animaux sages. C’est un petit clin d’œil à la mythologie grecque.

Sinon, le plus gros de l’attention des opérateurs s’est concentré sur les discussions sino-américaines portant sur le commerce. Les rumeurs vont bon train. Donald Trump a lui-même annoncé l’imminence d’un accord. Celui-ci serait formidable pour les deux camps. Il a précisé que les Chinois voulaient signer un texte tout comme les Etats-Unis. Retenons donc notre souffle pour que cela aboutisse sur un traité préliminaire. Ce serait positif pour le commerce mondial et pour la continuité de la reprise qui semble se dessiner.

Tous cette actualité géopolitique a donc occulté les chiffres macro-économiques de la semaine. Les plus importants ont été sans aucun doute ceux du chômage américain en novembre, avec un taux de 3,5%, et des créations d’emplois non agricoles à 266 000 contre 180 000 espéré. L’Amérique se porte donc bien et son président s’est ouvertement félicité de son bilan positif.